Avec les vacances de la Toussaint, la question revient dans beaucoup de familles : quand un chien ou un chat est trop compliqué à accueillir, faut-il plutôt adopter un hamster ou un cochon d’Inde ? La vétérinaire Laëtitia Barlerin y a répondu dans Bonjour ! La Matinale TF1, et TF1 Info a repris ses conseils le 14 octobre. « C’est souvent la question que se posent les parents », résume-t-elle. Ses critères sont simples, concrets, et ils éclairent bien ce qu’implique vraiment l’arrivée d’un cochon d’Inde à la maison.
Plan de l'article
Le rythme de vie, premier critère #
C’est le point qui fait souvent pencher la balance. Le hamster vit la nuit et dort le jour. Selon la vétérinaire, lorsqu’on le réveille en journée, il peut devenir agressif et mordre. Il faut aussi du temps pour qu’il accorde sa confiance et accepte d’être manipulé.
Le cochon d’Inde, lui, est un animal diurne. Son rythme est en phase avec celui d’un enfant : il est éveillé quand la famille l’est. Laëtitia Barlerin le décrit comme un animal sociable et affectueux, idéal pour les câlins : « Il est doux, il ne mord pas, il ne griffe pas et il s’exprime : il couine et il siffle. » Ceux qui vivent avec un cochon d’Inde reconnaîtront ces petits sifflements quand le frigo s’ouvre.
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La place : un vrai petit appartement #
Le hamster a l’avantage du faible encombrement : une cage spacieuse et haute, qui peut tenir sur un meuble. Le cochon d’Inde demande davantage. La vétérinaire parle d’un « petit appartement » : une cage d’un mètre au minimum, avec un enclos ou un petit parc où il peut se dégourdir les pattes.
C’est un point à anticiper avant l’adoption, pas après. Un cochon d’Inde qui reste confiné dans une cage trop petite s’ennuie et bouge peu. Prévoir dès le départ un espace de sortie sécurisé, à l’abri des fils électriques et des autres animaux, change beaucoup de choses pour son bien-être.
Le budget : à multiplier par deux #
Les chiffres donnés par Laëtitia Barlerin à TF1 Info sont éclairants. Un hamster coûte entre 15 et 20 euros à l’achat, et son entretien (litière, foin, granulés, légumes, vétérinaire) se situe entre 15 et 20 euros par mois.
Pour le cochon d’Inde, la vétérinaire avance 40 euros à l’achat et une cinquantaine d’euros par mois d’entretien. Surtout, elle précise que ces dépenses sont à multiplier par deux, car ce rongeur « a besoin de compagnie ». Un cochon d’Inde seul est un cochon d’Inde qui s’ennuie : en pratique, il faut donc raisonner en duo dès le départ.
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L’alimentation, un poste à ne pas négliger
Une partie de ce budget tient à un besoin bien particulier. Comme le rappelle la vétérinaire Florence Le Sueur dans Le Quotidien du Pharmacien, le besoin en vitamine C est sans doute le plus important des besoins spécifiques du cochon d’Inde : chez l’adulte, il est de 15 à 20 mg par kilo et par jour. Elle note aussi que ses préférences alimentaires se figent très tôt et qu’il s’accommode mal des changements d’alimentation.
Concrètement, cela veut dire du foin à volonté, des légumes frais chaque jour et des granulés adaptés à l’espèce. Pour le dosage d’un éventuel complément, c’est au vétérinaire de trancher, au cas par cas. Et mieux vaut habituer un jeune cochon d’Inde à une alimentation variée dès son arrivée, plutôt que de tenter de la modifier plus tard.
L’espérance de vie : un engagement de plusieurs années #
C’est le dernier critère cité par la vétérinaire, et sans doute le plus important pour les parents. Un hamster vit entre deux et trois ans, ce qui oblige à se préparer assez vite à annoncer son départ aux enfants. Pour le cochon d’Inde, « on est plus dans les cinq à sept ans. Donc, on a un engagement plus grand. Mais moins grand qu’un chien ou un chat », conclut-elle.
Cinq à sept ans, c’est un enfant de six ans qui deviendra presque adolescent avec le même compagnon. C’est aussi plusieurs étés de vacances à organiser, plusieurs visites chez le vétérinaire et, souvent, un intérêt de l’enfant qui évolue avec l’âge.
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Six ans minimum, et les parents restent responsables #
Laëtitia Barlerin fixe un repère clair : dans les deux cas, il faut attendre que l’enfant ait six ans avant d’accueillir l’un de ces rongeurs. Et quoi qu’il arrive, ce sont les parents qui restent responsables de l’animal.
C’est peut-être le conseil le plus utile de tous. Un cochon d’Inde n’est pas un jouet que l’on confie entièrement à un enfant : le nettoyage de la cage, la surveillance de l’appétit, le repérage d’un comportement inhabituel reviennent aux adultes. L’enfant, lui, peut participer à la distribution des légumes, aux moments de câlins et aux sorties dans l’enclos, ce qui suffit largement à créer un vrai lien.
En résumé, pour quelle famille ? #
Le hamster conviendra plutôt à un foyer qui dispose de peu de place et qui accepte un animal nocturne, plus distant. Le cochon d’Inde s’adresse à une famille prête à lui offrir de l’espace, un congénère et du temps pendant plusieurs années, en échange d’un compagnon diurne, doux et bavard. Si vous hésitez encore, passer voir des cochons d’Inde dans un refuge ou une association avant de vous décider est une bonne façon de vérifier que leur rythme correspond au vôtre.
